Le Crayon

On nous a demandé notre avis sur le débat «le ring #8» de la chaîne «Le Crayon» entre Noémie De Lattre et Alice Cordier, intitulé «Les luttes féministes».
Le titre de ce débat ne poserait pas problème s’il n’y avait eu un précédent opposant déjà un défenseur d’une idéologie identitaire à une représentante d’un féminisme mainstream (le ring #1). Or, contrairement à ce qu’en dit le présentateur du débat, il n’y a pas 3 féminismes, mais 4 grands courants féministes comportants chacun de nombreuses déclinaisons : Le féminisme identitaire qui reste le moins développé mais bénéficie ici d’une tribune, le féminisme intersectionnel, le féminisme bourgeois et le féminisme lutte de classe. Ce dernier n’apparaît ni dans ce débat, ni dans le précédent alors qu’il a pourtant été à l’avant garde d’une partie non-négligeable de l’amélioration de la condition des femmes.

On voit dès le début de ce débat le déséquilibre entre les parties en présence, avec d’un côté la jeune politicienne «féministe identitaire» et de l’autre la bourgeoise intersectionnelle «féminisme pop» qui dira ensuite qu’elle n’a «pas d’étiquette».

Le débat, sain au demeurant, démarre sur l’écriture inclusive; notre position étant déjà décrite dans un précédent article nous préférons souligner l’impardonnable méconnaissance d’A. Cordier, qui se prétend «féministe», quand à l’origine de la féminisation de la langue.
Car une partie de la langue française a bien été modifié dans le but d’inférioriser le rôle des femmes au sein de notre société, notamment à travers le Code Napoléon.

L’un des propos qui suivra de la part de N. De Lattre «la boulangère tout le monde s’en fout alors que la metteuse en scène si […]» qui n’est pas forcément à comprendre comme du pur mépris de classe, démontre quand même l’absence de compréhension de la force de la classe ouvrière en tant que force de transformation sociale. En effet, la metteuse en scène peut influencer grandement les masses par ses textes, mais sa compréhension de son rôle productif au sein de la société étant conditionné à son intérêt relatif, est moindre. La boulangère produit un besoin vitale pour la société, et même si la culture tient une place immédiatement derrière la couverture des besoins primaires, elle n’en reste pas moins un besoin secondaire. On peut aisément faire le parallèle entre le besoin de se nourrir incarné par la lutte des classes qui vise à améliorer le pouvoir d’achat en vue d’élever la conscience vers le socialisme, et le besoin de féminiser les noms de métier qui ne le sont pas incarné par les courants féministes intersectionnelles et bourgeois comme identitaires qui n’ont pas pour priorité d’améliorer les conditions du monde du travail en vue de lui apporter une nette compréhension de sa valeur.
Nous affirmons que la boulangère comme la metteuse en scène ont des intérêts communs et que la perception de l’une et de l’autre quant à leurs transformations et leurs capacités de transformation de notre société est révélatrice du positionnement bourgeois, ou révolutionnaire.
N. De Lattre conforte le capitalisme soit en enfonçant des portes ouvertes, soit en ne lui imposant aucune résistance.

Dans la suite du débat A. Cordier rappelle que son collectif s’est fait agresser physiquement lors de la manifestation du 8 mars 2020 (le jour contre les violences faites aux femmes, il est utile de le rappeler…) tout comme les FEMEN ou des militantes du Collectif Abolition PornoProstitution par des fascistes qui se prétendent «antifa». Notre position vis à vis de Nemesis est exprimée au travers de cet article tout comme celui sur les FEMEN, mais en aucun cas nous ne soutenons l’expression du fascisme quelque soit son bord.

L’inconsistance politique de N. De Lattre est ensuite très bien exprimée quand elle dit «j’ai aucun problème avec les combats différents», «marchons main dans la main», «laisse-moi m’occuper de l’écriture inclusive parce que moi je pense que c’est la priorité», et c’est bien pourquoi l’extrême droite n’a à nouveau pas trouvé d’opposition à son niveau, peu importe que le masque de cette droite soit un masculiniste ou une jeune féministe. A. Cordier semble remporter ce débat et il faut avouer qu’il aurait été difficile de le perdre dans ces conditions, attaquer un homme de paille, ou plutôt une femme de paille dans le cas présent, n’est pas bien compliqué…
Au vue de la sélection des participantes, Le Crayon reproduira peut-être le format entre M. Marechal et D. Obono; jamais deux sans trois…

La suite du débat est au niveau de la partie déjà décrite…

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Cam