Blabla division

Le groupe Facebook « Blablacab mobilités » créé en février 2017 permet à plus de 2500 militants de s’entre-aider en covoiturage et en stop ainsi que des conseils d’entre-aide lors de déplacements.

Cet espace de rencontre fraternel comme il en existe quelques un participe au lien sociale mais surtout à l’esprit militant qui caractérise notre idéologie.

Comme beaucoup de structures qui existent pour exister et ne s’embarrassent pas d’explication pour asseoir leur raison d’être, Blablacab mobilités souffre déjà à la base d’une carence et agit comme un pansement sans dénoncer ce qui l’a fait naître. En effet, donner des conseils de fraude et avantager le co-voiturage entre militants c’est se faire partisan d’un bord idéologique, certes large, mais ouvertement « anti-capitaliste ». Cette réaction contre la plateforme, payante, Blablacar, se veut une contre-mesure militante qui mériterait d’être davantage connu ; ce support d’échange trouve sa raison d’exister dans la volonté de partager ses valeurs le temps d’un trajet avec des camarades mais aussi de défier les coûts des transports qui, au-delà d’éventuels sympathies, sont le fondement de ce qui conduit ses membres à se retrouver sur ce réseau.

Un rappel de ce fait nous semble de bon sens et aurait au moins le mérite de désigner l’ennemi ; nous le faisons donc ici :

La page FaceBook Blablacab mobilités aussi creuse que ses engagements a précédé la coopérative Mobicoop elle-même créé suite à une fusion avec une association née en 2011, au moment où Blablacar a changé son modèle économique et imposé une commission sur tous les trajets. Pour la coopérative il s’agit de coller à l’image dont elle se réclame et sa communication s’en ressent, ainsi  création d’emploi, mise en relation des usagers, lutte contre le modèle économique libéral de Blablacar et écologie sont donc vantés. L’ennemi désigné est en premier lieu le coût des transports.


Pour bien comprendre ce qui a pu conduire au morcellement que nous dénonçons il fallait se rendre compte de la dimension militante plus importante chez Mobicoop.

Si Blablacab mobilités mériterait d’être davantage exploité dans le monde militant il faudrait au préalable qu’un sens pertinent lui donne une consistance permettant de lui assurer développement et longue vie sur des bases stables et définies.

Cette déficience se fera sentir fin mai 2019 lorsqu’une de ses membres demandera un covoiturage non-mixte. Cette demande s’ensuivra d’un désastreux « débat » entre les partisans de la fraternité militante et celles de la cabale contre les « hommes-cis » désignés comme éternels agresseurs. A peine trois jours plus tard c’est une membre d’SMF, collectif toxique particulièrement doué pour l’intrigue, les mensonges, les insultes, la diffamation publique et la collaboration avec la police du capital qui entérinera la division :

Il était prévisible que l’ennemi devienne « l’homme blanc hétéro cis-genre », on constate ici la page d’accueil pour le moins insultante :

Voilà donc le seul résultat possible faute de base politique défini, l’analyse de ce sabotage est simple, là où se trouvent le flou idéologique et la pauvreté intellectuelle viennent s’immiscer la réaction et les rouge-bruns.

Il était attendu que sur une base aussi fragile que celle portée par la structure de base la confusion entre un problème de société et la misandrie pure finisse par la casse d’un outil militant, aussi modeste était-il. Albert Camus disait « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. », nous en avons ici un triste aperçu. Le système se régale de ces fossoyeurs de lien social, il se rit des divisions au sein de notre classe sur fond de communautarismes et d’opposition entre sexes. Le capitalisme se nourrit de nos erreurs et de nos fautes, il n’a même pas besoin de livrer bataille car les Social Justice Warriors le font à sa place en détruisant nos outils, en dénonçant des camarades comme les ennemis à combattre, en prônant l’impasse du capitalisme vert ou en désignant pour ennemi les hommes « cis » peu importe leur engagement politique.

Pourtant il faudrait se ressaisir au lieu de sombrer lentement, Blablacab mobilités devraient dénoncer ce démembrement au lieu d’être le relai d’un organe qui le saborde et assume son mépris envers les « cis-genre ».

La non-mixité est parfois une nécessité par exemple lorsqu’une personne a besoin de se reconstruire après un traumatisme ou lorsque la raison biologique s’additionne aux moeurs, mais dans un rapport de camaraderie le temps d’un trajet c’est un clivage dont la cause pourrait bien se passer.

Ce communautarisme exclusif n’est pas une solution et encore moins un signe d’amélioration de la situation, nous vivons ensemble, nous travaillons ensemble, nous nous déplaçons ensemble, nous devrions combattre ensemble le même ennemi au lieu d’aggraver nos rapports dans la fuite et la stigmatisation d’un genre. Il faudrait se positionner d’un point de vue de classe et nommer les vrais problèmes à commencer par le coût des transports en commun, la qualité de ses services et de son réseau, l’insécurité, la privatisation grandissante du secteur…

« A », « F » et Charlène