Coordination division

Cet article que nous publions avec l’autorisation de leurs auteurs, relate une division des forces militantes à cause de travers gauchistes et intersectionnels, pour finir par la destruction totale d’un outil militant.

Autopsie d’une destruction, comment en est-on arrivé à la démolition d’un outil militant ?! Voici l’histoire de la Coordination 1ers secours France qui naquit le 15 février 2019, il y a deux ans jours pour jours, et que des SJW et quelques sociaux-démocrates sabotèrent jusqu’à provoquer sa dissolution. Cette coordination créé par un groupe anarcho-communiste servait à mettre en lumière les victimes de la répression policière lors du mouvement des Gilets Jaunes que l’état a tenté d’invisibiliser, mais aussi à se coordonner sur le terrain et partager connaissances et matériels. Il concerna plusieurs centaines de streets-médics et médics secouristes durant un an environ et compila plusieurs dizaines de milliers de victimes au cours de l’année 2019.

Pour comprendre comment ces SJW abattirent la Coordination il faut s’en remémorer le contexte :

Le mouvement des Gilets Jaunes.
En 2018, la situation économique de la population française est catastrophique du fait de sa société capitaliste : Explosion du chômage, du coût du logement, de l’énergie, des biens de premières nécessités, montant du salaire minimum dont l’augmentation se fait attendre et gels des salaires dans la fonction publique, pourrissement programmé des services publics et taux de pauvreté toujours plus élevé engendrant une misère sociale toujours plus forte auprès des classes défavorisées. C’est dans ce contexte d’injustice sociale et fiscale de plus en plus marqué que le mouvement des Gilets Jaunes est né. 

En mars 2018, le mouvement « Colère » comportant des manifestants arborant un gilet jaune sur des ronds-points consistait en des revendications sur le pouvoir d’achat, les limitations de vitesse et la hausse du prix de l’essence ; sans cadre ni structure politique pour porter ce mouvement, celui-ci se cantonne à des revendications économiques. 

Cette dernière protestation marque un tournant en mai 2018, lorsqu’une citoyenne anonyme, P. Ludosky, lance une pétition en ligne, mettant notamment en cause l’augmentation de la TICPE; la pétition passera de 12 000 signatures en octobre 2018 à 1 200 000 signatures en juin 2019. Parallèlement, la contestation s’organise à travers les réseaux sociaux, notamment FB via les pages gérées par M. Nicolle et E. Drouet (anonymes eux aussi). A la rentrée 2018, les citoyens sont de plus en plus nombreux à s’exprimer sur les réseaux sociaux qui joueront un rôle très important à l’origine et pendant ce mouvement. Un appel au blocage des autoroutes et des ronds points est annoncé pour le 17/11/18 et marquera le début du mouvement.

On dénombre plus de 280 000 manifestants dans tout le pays, la manifestation du samedi 24/11 est plus soudaine et massive encore, son caractère spontané dépassera totalement les organisations traditionnelles qui ne sachant trop que penser de ce soulèvement le critiqueront à défaut de s’y associer, bien que ses militants ont constitué parfois des cortèges entiers. Malgré une volonté de protéger “la plus belle avenue du monde”, les flics sont contraints de laisser les manifestants y défiler, énormément de gaz lacrymogène sont ensuite utilisés pour disperser les foules ainsi que des canons à eau et tout l’attirail répressif habituel. Les premières voix s’élèvent contre cette forme violente du maintien de l’ordre, y compris par des médias eux-mêmes empêchés de filmer les exactions policières; les ronds-points ne désemplissent pas et deviennent de vrais lieux de vie mais surtout les appels à continuer les mobilisations du samedi se multiplient. 

Au samedi suivant, le 1er décembre, la manifestation parisienne est particulièrement suivie : Les violences des forces de l’ordre sont mises en balance avec les violences des contestataires. Toute la France réactionnaire pleure les dégradations mineures de l’Arc de Triomphe, tandis que les manifestants pleurent les blessures de leurs compagnons, on déplorera deux éborgnés ce jour-là. Ils étaient déjà cinq à s’être faits crever un œil depuis le début du mouvement.  A ce jour la répression policière contre le mouvement des GJ a conduit à 1 décès (Choc par un véhicule lors d’un blocage) et 1 autre dû à des tirs de grenades lacrymogènes lancées sur un balcon, 6 mains ou doigts déchiquetés, 236 blessés à la tête dont 25 éborgnés, 21 blessés par des GLI-F4 ou GM2L, 221 blessés par des tirs de LBD40. Ces chiffres sont donnés à titre indicatif.

La stratégie du gouvernement face à cette gronde populaire est alors évidente : pas de réponse politique, uniquement une réponse “musclée”. La guerre des images laisse alors la violence s’exprimer à des dates et des endroits clés, pour mieux discréditer le tout, tout en assurant un soutien sans faille aux « gardiens de la paix ».

Sur la nature du mouvement.
Une fois le contexte posé, pour bien percevoir notre action et son motif au sein de ce mouvement, il s’agit de comprendre la nature de ce dernier car les GJ n’expriment en rien un combat prolétarien ; ils reflètent un mouvement interclassiste qui témoigne avant tout de l’extrême colère qui sommeille au coeur de notre société. Cette révolte, aussi soudaine que véhémente n’en reste pas moins acquise au cadre institutionnel et ses mots d’ordres reflètent de tristes illusions démocratiques. Comme si un capitalisme plus « juste » pouvait être possible à condition d’améliorer les institutions républicaines…

Ce mouvement des GJ a dépassé les organisations militantes comme syndicales et s’est prononcé en partie contre eux, de plus l’explosion et l’importance de ce mouvement n’a non seulement pas été anticipée mais a continué d’être entretenue par le désordre de l’absence d’organisation des luttes.
Ce mouvement ne renforce pas la capacité des prolétaires à lutter en tant que classe organisée car nous n’avons ni su l’anticiper ni l’encadrer ou établir la jonction entre notre idéologie et les primo-manifestants qui s’y trouvaient.
Ce que beaucoup de GJ veulent mettre en avant, c’est que les méthodes de lutte des travailleurs (grèves, AG, représentants élus, comités de grèves) n’aboutissent pas. Ils s’expriment ainsi de façon directe et brute sans proposer de nouveaux modèles de société qui puisse entraîner l’adhésion des activistes politiques traditionnels. C’est cet aspect désorganisé et inhabituel qui a interrogé les organisations ouvrières traditionnelles en opposant la spontanéité d’un mouvement à des habitudes de luttes établies.

Le prolétariat doit recouvrer son identité de classe et pour cela il faut s’adresser à lui, le contexte s’y prêtait et notre engagement dans ce mouvement s’est basé sur la conviction qu’une branle si soudaine dont la force de révolte, de désobéissance et même d’insoumission qu’elle projette, vaut aussi bien que des manifestations républicaines sans projet de société et des piquets de grèves provoqués par le talon de fer.

Il ne s’agissait donc pas pour nous d’intervenir en tant qu’activistes professionnels prêts à soutenir n’importe quelle protestation suscitant la révolte, mais de saisir l’enjeu du moment qui laissa la France entière interloquéeNotre intervention politique s’est donc faite sur notre ligne habituelle, sans illusion sur ce qui se jouait, en vue de porter la lutte au-delà de son cadre actuel. C’est dans ce contexte de politique dite « sécuritaire » et de désorganisation quasi-totale que la répression violente des forces du désordre causa beaucoup de blessés parmi ces nouveaux manifestants, avec parfois, des blessés graves puis des morts.

Les premiers pas d’Action Secours.
A défaut de parvenir à influer ce mouvement, qui rejetait structures et méthodes de notre connaissance, nous avons paré au plus pressé dès les premières actions de novembre 2018 en créant le collectif « Action Secours » (AS).

Ce collectif agissant sur des principes de lutte de classes organisa en l’espace de deux mois des jonctions avec plusieurs groupes de GJ mais aussi un reporter de guerre indépendant (F. Marcie) et organisèrent une initiation de secourisme par un professionnel du métier dès janvier 2019. Les médias de masse dans leurs mensonges habituels annonçaient dans le même temps plus de 1000 flics blessés contre 1700 GJ, mais ces chiffres bien que déjà affreux, étaient en dessous de la réalité, excepté pour les forces du système qui étaient au moins multipliés par 100.

Le nombre d’arrestations dépassait parfois le millier par manifestations. Il nous est paru indispensable de dénoncer ces contrevérités par la réalité de ce que nous observions sur le terrain, Action Secours organisa le 15 février 2019 la réunion fondatrice de la Coordination 1ers Secours qu’elle insuffla tout en donnant une initiation sur les brigades cynophiles.

Face à l’extrême gravité des blessures et au nombre de victimes, liées à la forme ultra-violente et démesurée du maintien de l’ordre, nous avons ressenti la nécessité de prolonger nos actions de terrain et mettre nos forces en commun. Après avoir réuni une trentaine d’éléments actifs dans le milieu de la médic parisienne, proposition fut faite de mettre en valeur les vrais chiffres de cette violence à travers un site internet compilant les bilans respectifs des médics de terrain.
Cet embryon d’organisation fut organisé comme le reste, dans la précipitation et la relative inconnue envers les participants (médics et street-médics). Le cadre, encore difficile à tracer, laissait entrevoir d’autres perspectives qu’un organe d’opposition et un support d’échanges à travers les AG qu’Action Secours organisa pratiquement toute l’année 2019.

La nécessité d’un effort collectif est devenue d’autant plus urgente que cette réalité dramatique fait l’objet d’une omerta politique et médiatique. La Coordination a amené cependant davantage : Outre le poids apporté par l’organe collectif lors de prises de décisions publiques et la reconnaissance de notre action par des organismes tel que la LDH ou des journalistes renommés; elle est parvenue chaque semaine, à organiser des AG afin de se répartir sur les cortèges et points de blocages mais également de mutualiser le matériel dont nous disposions.

Politiser les masses au moyen d’une structure comme la Coordination nous paraissait inapproprié vis à vis du sujet traité, mais le réseau d’échanges utilisé par les acteurs de la Coordination nous paraissait adapté et même nécessaire au vu de son contenu… 

L’urgence de la situation impliquait une part d’incertitude, tant du point de vue des acteurs de la Coordination, que du point de vue des moyens qu’elle se donnait, ainsi un support d’échange a été choisi (via l’application Discord) et ne concernait à ce stade que les contacts établis lors des manifestations parisiennes.

A l’initiative d’AS la Coordination a permis de faire relayer les bilans par le journaliste D. Dufresne, ce qui a amené à une couverture médiatique bien plus importante. A ce moment-là, courant mars 2019, le travail engagé n’apportait pas encore de cohésion significative, et à vrai dire il n’a pas été simple de faire converger les volontés parfois un peu naïves qui s’y trouvaient car le contexte violent et la précipitation qu’exigeaient l’intensité du mouvement s’ajoutaient aux tendances internes peu expérimentées au travail collectif.

Cette coordination était, à ce moment, principalement organisée pour et par la région IDF et relayait des bilans d’interventions sur la capitale uniquement. Au fur et à mesure des semaines, et notamment à travers les AG, il a fallu expliquer la nécessité de l’entraide, la stratégie de marcher séparément mais frapper ensemble, le respect des positions de chacun ou plus basiquement le fonctionnement des AG. Les tendances qui s’y trouvaient allaient d’une ligne de classe claire et nette à une apathie politique « Gilet Jaune », se limitant à des contestations républicaines sans autre forme de programme, en passant par une confusion certaine incarnée par l’ensemble des groupes libertaires quant au combat à mener d’un point de vue de classe.
Coexistaient le reflet exact des acteurs du mouvement avec les naïfs croyants que des composants d’un organe de répression d’état pourraient se rallier à eux, et des éléments se revendiquant de courants anarchistes. Ce petit milieu cantonné à la petite couronne parisienne comptait quelques indépendants agissant de leurs propres chefs mais aussi quelques groupes qui déjà cumulaient les pouvoirs sur le support d’échange et les temps de parole en AG comme le montre l’expression d’un des membres du support d’échange qui ne sera malheureusement jamais entendu :

Quelques propositions d’apports évidents comme la création d’une cagnotte collective ou de la définition des rôles de modérateurs sur le support d’échanges collectif n’ont pas été entendus non plus; cette absence d’affrontement sur les questions clivantes fut bien représentative du mouvement que nous accompagnions en parallèle; il en fut de même sur la rédaction d’une charte et de règles de fonctionnement qu’il fut laborieux d’établir. Faute d’avoir participé à la rédaction de ces règles et plus encore à toute organisation horizontale, les valeureux suffisants s’appliquèrent à créer des dissensions systématiques d’avec les « neutres »; niant ainsi le respect des positions de chacun lorsque ce n’était pas leurs propres positions qui étaient visées.

Action Secours a participé à plusieurs manifestations sur le territoire et a permis ainsi à la Coord de relayer des bilans au-delà de la région parisienne en invitant d’autres groupes à renforcer la Coordination. A partir de ce moment-là, un second palier était amorcé succédant à celui de la mise en route avec l’ouverture du support de communication « Discord » à l’échelle nationale.
Ce Discord national a permis d’inclure petit à petit les différents groupes et indépendants de France et est, devenu en avril-mai 2019, le seul réseau national d’échanges et surtout le seul à rendre compte de ses bilans avec un tel rayonnement, notamment grâce à Dav Duf, journaliste le plus engagé sur ces questions qui relayait nos bilans chaque semaine.

Le 2 mai 2019, la découverte d’individus non-membres de la Coord, s’adonnant en pleine manifestation à des prélèvements sanguins auprès de blessés obligea les membres les plus actifs de la Coordination à se réunir en urgence à l’appel d’Action Secours pour exposer sa position. Ce fut l’occasion de parler d’une seule voix dans un communiqué du 03/05/2019 exposant son vif désaccord. AS permit d’associer au communiqué d’autres acteurs du mouvement comme article35dh et SOS ONU. A ce stade, en dépit de points de fonds qui n’étaient pas traités, la Coordination portait bien son nom et prenait tout son sens. Le travail de reconnaissance s’amorçait. De nombreux médias nous contactaient pour obtenir des informations et notre réactivité a permis de nous dissocier clairement de ce genre de pratiques.

L’expression des Social Justice Warriors.
Malheureusement, ce sera le seul moment d’unité véritable et il n’aura été causé qu’en réaction à ce que nous avions considéré comme une prise de position obligatoire et non comme une construction choisie et anticipée.

Trois jours plus tard, au cours d’un échange entre un membre d’AS et une membre de SMN (collectif médic Nantais) à propos de la position de la Croix-Rouge/Protection Civile, la première prise de position ouverte de ces SJW fut le point de départ de tout ce qui s’ensuivit : « le racisme anti-blanc et l’hétérophobie n’existe pas« .

Cette sortie n’avait absolument rien à voir avec le sujet initial et a entraîné une polarisation des postures toxique, cela a profondément heurté l’ensemble des membres, dont son interlocuteur qui estimait qu’on ne pouvait tolérer ce genre de propos discriminant. C’était sans compter la petite quinzaine de sympathisants qu’elle avait et qui se révélèrent tous plus ou moins véhéments et injurieux pour pourrir l’ambiance et accuser de racisme et de validisme les membres s’indignant qu’on puisse tenir de tels propos. Dès lors, l’ambiance au sein de la Coordination s’est nettement dégradée, ne permettant plus la confiance des échanges précédents, chacun accusant l’autre de racisme.

La tournure de cet échange puérile mobilisa ces intersectionnels qui profitèrent de l’occasion pour saborder le discord et l’espoir qu’il projetait. La seule défense de leur pré-carré les guidait à tel point qu’ils n’en ont jamais rien eu à faire de la lutte commune, de la défense des Gilets Jaunes que certains ne cessaient d’ailleurs de mépriser, de tout autre combat que celui de la lutte contre le validisme, le sexisme ou le racisme avec leur lecture intersectionnelle du problème par une vrai délégitimation des paroles des victimes. L’un d’entre eux, qui n’a jamais mis un pied en manifestation, se permit de juger le camarade comme « oppressif, validiste et viriliste » et demanda une instance pour le sanctionner.

L’effritement de la Coordination commença à ce moment-là, avec le départ de ses premiers membres et le désengagement de certains autres.

Ces flocons de neige dont l’expérience politique variait d’un à sept ans dans le meilleur des cas étaient par contre expérimentés sur l’occupation des réseaux sociaux, car c’est derrière leurs écrans qu’ils se politisaient mais surtout « militaient ». Les SJW ayant monopolisés la majorité des postes d’administration, il n’y eut aucune condamnation des propos malveillants de la membre de SMN, ni des propos dégradants qui salirent les échanges. Rien non plus pour essayer de récupérer ceux qui quittèrent la Coordination.
Tant qu’au camarade d’AS, c’est grâce aux soutiens de la portion agissante que la querelle passa, cependant, il restera l’incarnation du raciste et du mâle blanc oppressif tant qu’il n’était pas directement utile aux seuls intérêts de ce petit bloc de milléniales.

Volontaire pour dépasser cette accro, le camarade accepta une médiation avec son accusatrice et invita l’un des administrateurs à un échange entre camarades de lutte, ceux-ci refusèrent tout en continuant leur travail de sape tant officiellement qu’officieusement. Les choses ne pouvant que s’effondrer si elles restaient en l’état, le camarade leurs signifia la nécessité de recentrer le combat sur une ligne de classe tout en s’appuyant sur la charte de fonctionnement qu’il avait lui-même corédigé avec son groupe. Le clivage entre « ceux qui produisent » et « ceux qui décident » se creusait et devenait de plus en plus visible…

La tempête ne s’arrêta jamais vraiment et les traces de son passage restèrent perceptibles. Complètement incapables de dépasser un désaccord aussi ridicule surtout au regard de la portée du mouvement, ils ne participèrent pas à l’AG qui se tenait quelques jours plus tard, ainsi seuls des membres d’AS et des éléments actifs de la Coordination y étaient, excepté une ancienne membre de SMP qui ne se considérait pas comme actrice de la Coord. Celle-ci n’étant finalement venue que pour pourrir l’assemblée et insulter les personnes présentes en les traitant de « racistes », faisant fi de la minorité de non-blancs et de l’engagement politique des participants. Sur le moment, certains en rirent tellement l’absurdité dépassait l’entendement, d’autres tentèrent de la raisonner et de recentrer sur les vrais problèmes qui nous concernaient, mais d’autres quittèrent la pièce par peur de l’affrontement.

Une fois les vannes ouvertes… Ils se permettent tout…
Cet épisode fâcheux lors d’une Assemblée Générale a été permis par par un membre du collectif SMPB qui, sans consultation de qui que ce soit, s’autorisa l’ouverture de notre réseau d’échanges aux non-membres de la Coordination. A cause de son fonctionnement autoritaire et irrespectueux l’AG fut sabotée et les camarades optèrent de ne pas publier leur CR dans l’intérêt de la structure. Ce même identitaire du groupe SMPB avait déjà édité deux mois plus tôt, sans consultation de qui que ce soit, des photos sur le site internet de la Coordination et avait utilisé les maigres fonds dont disposait l’organe commun pour éditer de nouvelles cartes à l’intention des victimes, là encore sans consultation des membres.

Ce qui ne serait jamais passé dans la moindre organisation politique était donc permis sans aucune gêne par ces quelques autonomes qui se couvraient les uns les autres dès qu’on leur faisait remarquer que leurs prérogatives devaient succéder à la volonté des membres et non l’inverse.
Ces derniers étaient d’ailleurs critiques des organisations politiques comme syndicales qu’ils ne considéraient que comme des vestiges sclérosés ou des organes au service du système.
Il était plus important pour eux de combattre toute forme d’organisation structurée au profit supposé de groupuscules pluriels sans cadre ni ligne de classe. Toute structure étant perçue comme « oppressive » (ce mot recouvrant parfois la simple contradiction à leurs idées) et ne sachant pas utiliser l’outil syndical comme organe de combat et d’unité, ils étaient davantage préoccupés à couvrir leurs copains lorsque nous les dénoncions pour leurs énièmes prises de libertés, et à considérer les camarades comme des ennemis plutôt que des adversaires, allant jusqu’à provoquer un parti politique totalement étranger au mouvement :

Ces propos toxiques et répétés par ces quelques rouge-bruns sapèrent l’espoir de contrebalancer les chiffres du gouvernement à cause du désengagement qu’ils provoquaient. Seul la mise en lumière des victimes faisait encore consensus à l’issue du mois de mai, parsemé de procès d’intention et de harcèlements systématiques à l’encontre des camarades d’AS, le désinvestissement de certains membres se transformait parfois en abandon. Les groupes SMPB, et SMF, qui détenaient tous les outils, continuèrent leurs fonctionnements exclusifs et stalinien en décidant en petit comité ce qui devait être fait ou pas.

AS et d’autres membres de la Coordination privilégièrent encore une fois l’échange et la diplomatie pour tenter de parvenir à un processus horizontal, mais le « ton » employé ne convenait pas à ces fragiles mi-litants, oppressés en permanence… Chaque dénonciation de leurs dérives fascistes conduisaient à des insultes, de l’intimidation de groupes, de la victimisation permanente et le tout dans une stratégie de bouc émissaire particulièrement studieuse.

Semaines après semaines, alors que les bilans se compilaient et donnaient davantage de voix à notre combat, les groupuscules intersectionnelles SMPB, BCM, SMF et SMN retournaient systématiquement la situation en se faisant passer pour les agressés alors qu’eux-mêmes imposaient leur logique d’appareil au reste de la Coordination. Leur politique, pourtant appliquée, restait extrêmement minoritaire, les membres composant la Coord étaient pour l’écrasante majorité relativement désintéressés des questions politiques et ne s’impliquaient pas outre mesure, d’autant que les crispations de plus en plus présentes contribuaient au désinvestissement des membres. Des militants se désengagèrent petit à petit, d’autres primo-manifestants restèrent dans leur logique « le gilet avant tout » en raison de l’exemple assez pitoyable que montrait cet aperçu de la gauche de la gauche… 

Dans la rue, les samedis qui suivirent furent, comme on le sait, toujours aussi violents envers les manifestants, et si de nouveaux médics de presque toutes les régions renforçaient la Coordination, certains s’en éloignaient faute d’y trouver l’organe militant et/où l’unité attendue. Et ce, dans plusieurs régions. Des dépassements de prérogative continuèrent d’émailler l’espoir attendu par les uns, faute aux deux mêmes, toujours couverts par leur bande. 

Ainsi le compte de la Coordination fut utilisé par l’une des deux membres du groupe qui détenait tous les outils pour échanger avec l’individu dénoncé le 3 mai, et celui-ci ne se gêna pas pour balancer un membre d’AS au 36 quai des orfèvres !

Cette même membre utilisa à nouveau le compte d’une autre personne, là encore sans prévenir qui que ce soit. La même mascarade de défense-attaque hypocrite de tout le copinage aboutit à des insultes à l’encontre d’AS, tandis que pour la mise en cause un « c’est bon je ne le ferait plus » imposé comme un va-tout lui suffit comme seul dégagement.
Il a fallu plus d’un mois et de nombreuses réclamations pour faire retirer les insultes, les règles étant appliquées par les SJW quand cela les arrangeait. Hermétique à la remise en question et au fait pourtant établi qu’ils détenaient tous les outils et se comportaient en dictateurs, ils se permettaient de se plaindre alors qu’ils bottaient en touche systématiquement et reproduisaient à la vue de tous, mois après mois, les mêmes fautes avérées dans un complet mépris pour les membres.

Leur insuffisante formation politique et leur négligence dans les relations à entretenir avec des camarades de lutte sont au niveau de leur définition de « l’horizontalité », aussi pyramidale qu’intéressée :

Ce qu’ils ont fait de mieux, l’opération post-it
Peu de temps après, une membre d’AS proposait une campagne de collage fidèle aux objectifs de la Coordination afin de mettre en lumière les victimes. Le même groupe de gauchistes, dans leur logique nombriliste et libéral, fantasma l’opération d’un point de vue autonomiste, fracturant l’élan commun et l’unité dans l’action. Ils trouvèrent normal d’alléger le contenu massif du nombre de blessés en ne créant que des affiches unitaires, ne laissant ainsi qu’une victime par affiche, sans le logo ni le nom de la Coordination et donc sans aucun bilan !

Cet énième épisode a considérablement aggravé le désinvestissement de certains, dans quelques régions de France, et si presque personne n’exprima sa désapprobation publiquement, les bons mots de soutien et les reconnaissances d’une certaine droiture se firent plus nombreux. A compter de cette date plus personne n’osera proposer quoi que ce soit en raison de la destruction systématique de toutes propositions extérieures à celle des identitaires.

Consternés par cet acharnement à diluer encore et encore l’esprit d’unité et le poids de la structure, des membres réclamèrent qu’on revienne à un processus normal originaire de la Coordination. C’était se heurter à toujours plus d’arguments d’autorité, de propos mensongers, d’une transformation de la réalité qui serait risible si le sujet ne traitait pas d’éborgnés, de milliers de blessés ou de milliers d’arrestations arbitraires.
Le comble fut de s’entendre dire que le situationnisme ne serait qu’un courant politique; mais s’ils ignoraient cette tare c’est parce qu’ils la pratiquaient constamment; avec le comble du comble qui viendra lors du vote qui s’ensuivit car la position défendue par les camarades ne figurait pas parmi les choix ! Encore un bel exemple de démocratie et de respect des positions de chacun… 

Puis, comme si ce cumul ne suffisait pas, le même membre qui additionnait tous les pouvoirs ne comptabilisa pas un vote nul ce qui leur permis de faire passer leur format !


Cet énième exemple de leur petit dictat accéléra encore le départ et la démobilisation des membres, mais ils ne voulaient voir que ce qui les arrangeaient et ces Personnages Non Joueurs furent finalement les seuls à coller, la campagne de communication n’a jamais eu  lieu, leur opération « post-it » se résuma à un collage qu’ils furent seuls à faire.

Il est plus facile de comprendre pourquoi personne n’a suivit ces intersectionnels en sachant que le gourou qui détenait tous les outils clamait publiquement ses conseils erronés de communication militantes, faisant prendre des risques conséquents pour les concernés en cette période de forte répression et ne se gênait pas non plus pour divulguer publiquement des coordonnées de ses contradicteurs !

Pourtant cette action initiée comme une possible addition de nos forces était avancée par nous comme l’occasion de mixer les équipes, de créer un dialogue de visu, humain, dépassionné et rompant avec leur logique de surenchère permanente où leur partialité dans le copinage et le soutien permanent aux agresseurs et aux deux responsables aurait été bien plus difficile. Mais s’ils avaient déserté les AG, ce n’était pas pour revenir construire avec un dialogue apaisé…

Ça fustige des « racistes » tout en sabordant le site internet.

Le mois suivant, SMN les premiers provocateurs, quittèrent la Coordination sous prétexte que celle-ci n’aurait « pas une ligne politique claire » et qu’ils « auraient repéré des éléments d’extrême droite« . Tous ces membres restèrent cependant sur le support d’échange, au mieux sans faire preuve de constructivité.

En permanence couvert par sa petite bande fasciste, le même duce qui s’illustrait chaque mois par son comportement autoritaire et condescendant, accéléra ses délires en modifiant un article tout juste paru sur le site après validation par le vote habituel de la communauté, mais sans en référer à qui que ce soit comme à son habitude. 

Outragé qu’on lui fasse remarquer, encore une fois, son total irrespect, il se permit d’inventer une règle de fonctionnement et de répondre comme à son habitude par l’hypocrisie et le refus de remise en question, si bien que nous avons dû nous-même le rétablir tel qu’il était lorsqu’il avait été voté car au bout de 4 jours ce n’était toujours pas fait. L’année s’achèvera par les répliques habituelles d’excès de pouvoir du même petit monarque en supprimant la possibilité aux visiteurs du site d’y laisser des commentaires, puis en supprimant également un article sur le camps de réfugiés de st-Ouen !

Obligés par d’autre priorités, et il faut bien l’avouer à notre tort, lassés et exaspérés par le mépris subi, nous n’avons pas investi plus avant que la basique dénonciation de cet excédent d’autoritarisme et de mépris. Nous nous sommes énervés, nous avons été à bout, nous avons à ce moment-là baissés les bras. Une membre a craqué, a profité de sa position pour invisibiliser le travail d’un camarade ou pour tremper dans la même mare d’injustice que ceux qu’elle fustigeait jusqu’alors…

AS faisait pratiquement partie des derniers groupes encore actifs, mais il fallait se rendre à l’évidence : les ravages constants et répétés avaient tellement détruit l’outil et fait fuir tout le monde qu’il paraissait très difficile d’y redonner un quelconque équilibre. Dans une quête d’horizontalité, plusieurs membres de la Coord demandèrent à ce que les outils soient partagés, mais ce qui n’existait pas à ses débuts n’avait aucune chance de naître tant que les staliniens détenaient tout…

Les derniers pas de la Coordination.
L’année 2020 commença sans surprise avec la suppression d’un article du site, par l’un des deux mêmes impertinents responsables des mêmes agissements; toujours sans consultation des membres et à cette occasion on découvrira que le groupe SMF se servait de la page Facebook de la Coord pour se faire de la publicité. 

En leur reprochant de se servir des outils communs pour leur propre compte, notre camarade, excédé, demanda à l’une de ses camarades de « dégager le responsable et de lui donner les droits à sa place« , n’oubliant pas que si de tels agissements avaient émanés de lui, comme d’ailleurs il l’avait dit publiquement le mois dernier, il aurait été immédiatement exclu. Aucun de ces génies ne prit la peine d’observer son parallèle ni de lire son propos du mois précédent faisant suite à la suppression de l’article sur les réfugiés de st-Ouen. Aucun d’entre eux n’a mesuré la colère et le dégoût qu’ils avaient générés depuis des mois, très peu prirent d’ailleurs la peine de vérifier quoi que ce soit et les groupes BSR, SMPB, SMN, SMF et BCM sautèrent sur l’occasion pour demander l’exclusion des deux camarades sans faire le moindre simulacre de justice, encore une fois exactement comme le système qu’ils dénonçaient avec tant de facilité ; portant le coup fatal dont la Coordination ne se relèvera pas. Il était plus important pour ces gens d’accuser à tort celui qui pointait le problème que de convenir qu’il y avait un problème !

S’ensuivront les échanges coutumiers totalement hors de tout contrôle et une arrivée de faux comptes plus ou moins dissimulées accompagnés d’un tombereau de mensonges. Ce déchaînement de rage et de mensonges d’une densité 18 fois supérieur à la normal rendit impossible toute compréhension de ce nouveau problème… Ces originaux qui avaient créés les tensions et refusés tout dialogue ne mesuraient pas la situation qu’ils provoquèrent et enfoncèrent le clou.

La sanction d’une action qui n’a jamais existé entraîna l’exclusion du créateur de la Coordination ainsi que sa camarade.

Deux mois plus tard la Coordination votait sa dissolution…

Quand on est aveugle, il est toujours possible de creuser.
Pour étouffer tous les échanges publiques qui s’exprimaient en partie contre les responsables du fatras, l’autocrate habituel imposa une limite de temps entre deux interventions, d’abord 10 minutes puis deux heures… Cette limitation ne dérangeait pas les rouges-bruns puisque ceux-ci fuyaient de toute façon tous débats, lorsqu’ils ne répondaient tout simplement pas, ou bien dans leur ritournelle se contentaient de crier aux fachistes, racistes et autres accusations de ce niveau étayées par des preuves rapportées, de propos rapportés, qui ne faisaient sens qu’à leurs yeux.

Le dénominateur commun de tous ces problèmes tenta d’exclure le camarade d’Action Secours pour des photos qu’il publia alors que celles-ci n’étaient pas des paroles rapportées de propos rapportés contrairement à leurs « preuves », mais elles étaient issu d’un reportage paru précédemment dans la presse en toute conscience des concernés reflétant le positionnement politique des intéressés, à savoir SMF :


Ces gens là qui ne savent que créer des problèmes, s’y remettent en février 2020 lorsqu’une administratrice, membre des BCM prévient le groupe de modérateurs et administrateurs qu’elle a un dossier concernant un membre accusé d’attouchements sexuels. Elle souhaite le publier sur la Coordination.

Dans un premier temps, il lui est demandé d’attendre avant de publier ce dossier, d’autres étant déjà en cours de votes et, par ailleurs, certains des administrateurs/modérateurs souhaitent connaitre ses objectifs avec une telle publication, sachant que le membre n’est plus présent sur le serveur et, en sus, que la victime (parmi d’autres semble t-il) ne souhaite pas porter plainte.

Les échanges sont extrêmement virulents sur ce sujet. En effet, 2 « camps » s’opposent : les uns pour publier ce dossier, prétextant ne pouvoir tolérer de tels agissements, ce qui était évident pour tout le monde. Les autres, s’interrogeant non pas sur les faits mais sur la forme : quel objectif atteindre à travers cette publication ? Est-ce le rôle des membres de la coordination de vouloir faire justice et peut-on seulement parler de justice ! Quel intérêt pour la victime de s’exposer ainsi alors même qu’elle ne souhaite pas porter plainte ?…

Sans tenir compte des demandes d’attente, cette stalinette choisira de publier le dossier, passant outre les échanges du groupe administrateurs/modérateurs.
Ceux qui ont continué à s’opposer à la façon de faire ont été publiquement classés dans la catégorie des fachos, avec tous les qualificatifs qui vont avec… Le même mode opératoire qu’avec l’exclusion précédente a été utilisé, une dizaine d’accusations d’agressions sexuelles contre la même personne, tous les « témoignages » étant anonymes, c’était grossier et déjà vue… Le camps du bien s’est érigé en héros, sauveurs des femmes et des opprimés.

La politique de la terre brûlée.
Un membre de SMN qui, comme le reste, n’avait jamais participé à rien, lança comme une bravade inéluctable que « la dissolution de l’outil serait la seule solution ». Cette demande de dissolution fut reprise et défendu avec vigueur par les mêmes progressistes orgueilleux, BSR, SMF, SVT et compagnies. Malgré l’absence de majorité au deux tiers des votants pour entériner cette énième pollution, des membres de BCM et SMN supprimèrent les salons avec leur sadisme habituel :

La politique de la terre brulée est une spécialité chez les intersectionnels… La violence et la haine avec laquelle ils dévastent le monde militant reflète tristement l’incompétence politique dont ils font preuve. Ils rasent puis ils récupèrent exactement comme les capitalistes. 

On prend les mêmes et on recommence.
Après avoir coulé la Coordination la plupart des protagonistes se sont retirés en même temps que le mouvement des GJ se finissait, leur engagement étant pour la plupart né, lié et cantonné à ce mouvement. Très loin d’avoir appris la leçon et sans aucun complexe ou de quelconque cas de conscience, certains des SJW et sociaux-démocrates qui s’étaient montré les plus actifs pour provoquer la dissolution reformèrent une structure comparable https://obs-medics.org/  dont ils s’approprièrent là encore une partie du travail…

Franchement pyramidale et d’un flou politique complet, cet « observatoire » n’est que l’avorton politique d’une demi-poignée d’identitaires gauchistes particulièrement malveillants ! Il n’y a pas grand chose à en dire, cet article ne rend pas compte de la moitié des crasses auxquelles ils se sont livrés mais il suffit amplement pour se faire une nette idée de la nature de cette « organisation ».

Camarades, il faut que nous marginalisions des mouvements ces esprits inconséquents et dangereux !

La réalité des luttes de demain donnera force et cohérence à un programme politique de lutte de classes, le gauchisme ne doit pas passer, tout ça a assez duré !



                                             D’anciens membres de la Coordination