Du congé parental

Peu avant l’été 2020 Marlène Schiappa faisait plusieurs propositions en faveur de la famille, notamment une mesure qui va dans le sens de l’égalité femmes-hommes : l’allongement du congé paternité à 1 mois (qu’il faudrait rebaptiser congé de « parentalité », pour inclure les familles homoparentales).

Pour rappel, la loi concède seulement onze jours de congé aux pères, contre seize semaines pour les mères et n’a pas évolué depuis 2002 !

En pratique, cela signifie qu’en moins de deux semaines, le ou la conjointe reprend le travail et laisse la mère seule… Nous pensons que même si l’accouchement s’est bien passé cela reste une épreuve fatigante, or notre société a les moyens financiers et matériels de faciliter ce moment de vie unique et si important pour des parents que sont les premiers jours d’un nouveau-né.

Nous sommes convaincu que la présence des parents est nécessaire durant les 480 premiers jours comme le permet le système suédois et pourrait certainement être amélioré dans une société socialisé. Que ce soit pour le partage des tâches ménagères, pour apporter amour et soutien en cas de stress post-accouchement, pour se relayer au mieux durant les premières nuits d’un bébé, mais surtout pour créer l’attachement si essentiel entre les parents et leurs enfants qui cimente et participe beaucoup à responsabiliser les parents. Les pères auraient ainsi plus de temps pour tisser des liens avec leurs enfants ce qui serait profitable à l’évolution des mentalités, comme à l’épanouissement des enfants. Être père n’est pas une fonction de « relaie » qui s’assume après le temps professionnel, l’apprentissage de la parentalité est une activité de tous les instants, les premiers moments de la vie nécessite une présence des parents mais aussi parfois plus largement d’une partie de la famille.
Bien souvent les grands-parents prennent le relai du père lorsque celui-ci reprends le travail et supportent activement le jeune couple durant les premières années de vie de leurs petits-enfants ; pourtant ils sont souvent eux-mêmes encore actifs professionnellement ! Il y a là un problème que résoudrait un « congé grands-parents » ou l’allongement du congé parental selon le modèle suédois.

Les moyens matériels dus à l’évolution de notre société à travers ses connaissances, ses technologies et en premier lieu de sa médecine offre à l’humain un allongement de sa durée de vie d’environ 15 ans depuis 1950, une partie de ce temps gagnerait à être passé auprès de nos enfants, particulièrement durant les premiers instants de leurs vies.

L’exemple suédois nous inspire car les parents se partagent ainsi équitablement 480 jours, deux mois par parents, onze à se répartir comme ils l’entendent, avec prise en charge par l’État de près de 80% du salaire pendant les 390 premiers jours et l’équivalent de 18€ par jour pendant les 90 derniers. En cas de naissances multiples, six mois supplémentaires sont ajoutés par enfant.

Cette mesure n’a rien d’utopique et il nous appartient de l’imposer au gouvernement !

Il faudra bien sûr que les salaires soient maintenus durant toute la durée du congé parental.

Ce congé parental doit être obligatoire pour lutter contre les inégalités sociales, ainsi, en cas de contrat précaire les parents peuvent s’occuper de leur priorité sans se soucier du jugement de leurs employeurs.

Cette occasion d’égaliser et d’améliorer les rapports hommes-femmes n’est pas une priorité du gouvernement et ne peut pas l’être dans une société où les rapports marchands guident le fonctionnement de notre société. Tant que nous obéiront à une clique au service du patronat nous n’aurons ni égalité entre les femmes et les hommes, ni amélioration notable de nos conditions de vie car nos intérêts ne sont pas les leurs. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici d’égalité en tous plans, mais d’égalité en tant que parents vis à vis des enfants.

Le patronat a tout intérêt à alimenter une division des sexes au sein de la société pour mieux la contrôler, seul une société débarrassée du salariat permettra un revenu égal quelles que soit les interruptions de carrière. La solution est à arracher ensemble, femmes et hommes, classe contre classe, car on ne peut abattre les discriminations sans révolutionner l’organisation sociale qui les entretient.

A défaut d’être en capacité immédiate d’imposer un congé parental digne, égal, responsable et épanouissant, nous vous invitons à signer et surtout à relayer cette pétition qui témoigne d’une certaine volonté de changement et a le mérite d’attirer l’attention sur une réel considération de la place des parents.

Tout comme l’évolution des mentalités qui ne se fera pas d’elle-même, parlez-en à vos proches, imposez ce problème à vos élus car pour imposer cette mesure nous devons être nombreux et recueillir une adhésion significative afin d’imposer cette question.

Fabien et Charlène et Guy, correspondant.