FEMEN

« Notre but est l’abolition totale du patriarcat sous toutes ses formes. »

Depuis leur apparition en France fin 2012 les FEMEN fortement influencées par les thèses marxistes ont su faire parler d’elles.

Préoccupées par leurs médiatisations elles sont volontairement provocatrices, humoristiques et insolites dans leurs actions. Connues pour manifester seins nus, ce qu’elles font régulièrement mais pas systématiquement, les FEMEN revendiquent une forme de féminisme radical qu’elles appellent « sextrémisme ».

Résolument radicale cette organisation non-mixte n’adaptera pas sa stratégie selon le pays et l’époque, et c’est bien dommage car beaucoup de leurs actions en France sont louables, réussies, attendues et relayées par la majorité des médias.

Entraînées et assumées, ses membres rodés aux actions coups de poings ont souvent effectué de brefs séjours en prison à la suite de leurs actions. Leur défense des droits des femmes se combine à plusieurs autres sujets, notamment la lutte pour la démocratie et contre la corruption, contre la prostitution ou encore contre l’influence des religions dans notre société.

A ceci près que les hommes pourraient très bien en faire autant avec elles, ces causes sont pleinement les nôtres. Alors qu’apporte ce « sextrémisme » au combat pour l’égalité des sexes ?

Créé par de jeunes femmes et dans un fonctionnement exclusif, les FEMEN jouent sur leur plastique attirante pour accrocher le regard masculin et délivrer leurs messages recouvrant leurs corps, s’adressant ainsi en priorité aux hommes comme si eux seuls étaient responsables de tous les maux.

Pourtant la religion n’est pas mixte, la corruption non plus et le patriarcat qu’elles entendent combattre « sous toutes ses formes » concerne et vie avec et par des femmes. Prétendre vouloir changer les moeurs d’une société en s’adressant seulement à la moitié de sa population est une erreur. En reproduisant le schéma de la jeune femme aux longs cheveux et au corps svelte, correspondant au critère de beauté actuel, entretien le fait que les femmes adoptent le regard évaluateur et critique de leur entourage sur leur propre corps; réduit à la fonction d’objet.
Nous savons les hommes capables d’écouter et de comprendre un message, et nous pensons que la confusion entre l’objet de désir et l’objet de communication ne permet ni une bonne image des femmes comme le dira Alice Schwarzer, ni une bonne compréhension du message.

Le féminisme actuel doit aussi rendre compte aux femmes des progrès de leur condition, à l’époque où les femmes n’étaient tout simplement pas entendues et exclues de bien des domaines, ce mode de communication trouvait son sens. Mais aujourd’hui où leur leader internationale inspira le visage de la nouvelle Marianne et fait partie du Conseil Consultatif pour l’Egalité Femmes-Hommes suite à l’invitation de Marlène Schiappa, il n’y a plus de raison de s’exprimer ainsi et d’infantiliser les hommes.

A plus forte raison les camarades qui pourraient se battre à leurs côtés, si les FEMEN le permettaient, n’ont pas à subir l’amalgame « les hommes ne nous écoutent que lorsqu’on leur montre nos seins ».

La mixité est absente du discours des FEMEN, d’ailleurs leurs discours virilistes et exclusifs n’ont rien à voir avec la lutte des classes et c’est sûrement en ça qu’il faut y trouver la fracture avec la camaraderie militante, il suffit de voir leur méconnaissance de l’histoire du 1er mai qu’elles travestissent en une « fête du travail » cher à la bourgeoisie :

La maxime marxiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » est elle aussi travesti :

Si les FEMEN avaient accouché de leur ambition nous aurions eu en 2012 un énième parti politique salissant l’idéal communiste sur l’échiquier de la lutte des classes.

Ces formations ont toujours été davantage les outils des traîtres et des sociaux-démocrates que des révolutionnaires et c’est contre cela que nous entendons alerter.

Créer une formation politique sur la seule base des revendications de certaines luttes, loin de vouloir réunir sur la base d’un programme révolutionnaire, n’aboutit qu’à se fondre dans la masse de celles qui n’entendent rien à la révolution mais défendent leur chapelle en chargeant les moulins du patriarcat.

Le danger que nous y voyions saute aux yeux avec les dérives misandres des FEMEN et cette volonté de revanche sur le genre masculin. Tous les hommes ne sont pas coupables, de la même façon que nous n’accusons pas toutes les femmes de violences de toutes sortes, de mensonges et de manipulations; ainsi il n’y a de camps à opposer que si l’on cherche une guerre. Vouloir combattre un système d’oppression en englobant tous les hommes jusqu’à proclamer une revanche révèle un danger bien réel.

Le mouvement féministe contient des dérives agressives sources d’aggravation des rapports hommes-femmes dont les FEMEN en sont une expression claire et nette.

L’unité est dans la lutte, montrer ses seins n’apportera jamais autant qu’un argumentaire militant. Les camarades doivent travailler ensemble sur la base d’un programme politique à la construction d’une société débarrassée du capitalisme.

Charlène