L’écriture inclusive

Par le passé :

Au cours du 17ième siècle la noblesse fit reculer la place des femmes en supprimant le féminin de noms communs comme les fonctions et métiers appartenant à la bourgeoisie; ainsi « une doctoresse » ou encore « une mairesse » disparurent de la langue française.

Fort heureusement nous n’en sommes plus là et l’écriture inclusive n’est d’ailleurs pas nouvelle, elle était notée (entre parenthèse) et c’est Lionel Jospin dans sa circulaire du 8 mars 1998 qui engagea d’accorder les fonctions, titres, grades, et noms de métiers en fonction du genre.

Force est de constater que cette utilisation des homonymes tant écrite que langagière s’est répandu dans notre société malgré une opposition bornée de l’Académie française.

L’écriture inclusive, qu’est-ce que c’est :

Cette apparence d’attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité de représentation entre les femmes et les hommes repose sur 3 principes défendus par le Haut Conseil pour l’Égalité Entre les Femmes et les Hommes :

  • Accorder les fonctions/métiers /titres et grades en fonction du genre, par exemple « une maire », « une militante », « une ouvrière »…
  • Au pluriel le masculin ne l’emporte plus sur le féminin mais inclut les 2 sexes grâce à l’utilisation du point médian « · », par exemple « les citoyen·ne·s », « les militant·e·s »…
  • Éviter d’employer les mots « hommes » et « femmes » mais favoriser les termes plus universels comme « les droits humains » au lieu des « droits de l’Homme »…

Le HCEEFH :

C’est en janvier 2013 que François Hollande remplacera l’Observatoire de la Parité Entre les Femmes et les Hommes, créé en 1995 par Jacques Chirac, par le Haut Conseil pour l’Égalité Entre les Femmes et les Hommes. Sa mission ne sera plus limitée à la parité H/F en politique mais étendra ses champs d’intervention à la lutte contre les violences faites aux femmes et l’image de celles-ci dans l’espace publique.

L’extension de ces prérogatives descendant du cadre bourgeois vers la société parait aller dans le bon sens, mais bien que rédigé par des féministes en avance sur leur famille politique, on s’interroge sur les avancées en faveur de « l’égalité F/H » proposées par le « guide pratique pour une communication publique sans stéréotypes de sexe ».

Bénéficiant d’un fort soutien médiatique souvent accompagné d’un procès en bonne et due forme du genre masculin, et presque sans protestation de ces derniers, nous craignons qu’un camp se forme contre les femmes pas si victimes qu’elles se plaisent à le dire à la lecture de ce « guide pratique ».

En effet en novembre 2015 le HCEEFH produira ce guide pratique sexiste et misandre dirigé par l’énarque Brigitte Grésy mise en poste par la millionnaire Marisol Touraine et Pascale Boistard impliquée plusieurs fois dans des affaires de financements douteux et d’emploi fictif.

Notre position :

Au-delà que toutes les parties de la rédaction écartent le genre masculin au point que son premier pictogramme soit issu d’un magasine exclusivement féminin (à visée éducative sauf en orthographe…) annonçant que « l’heure du matriarcat a sonnée », nous jugeons son contenu comme son but sexiste et donc générateur de division. Il pousse les femmes à emprunter les pires attributs de la masculinité et sème l’idée que la confusion et l’économie de toute réflexion permet de résoudre un problème en en créant un autre.

Contrairement à ce qui est écrit dans ce guide pratique nous n’avons pas une langue « qui rend les femmes invisibles », par contre il y a bien des croyances si fortement ancré dans notre société qu’elles se traduisent parfois à l’écrit, ainsi le féminin du mot « assassin » n’existe pas, comme si la violence ne pouvait pas être exercée par la gente féminine. D’ailleurs il n’y a pas de langue qui soit sexiste par essence, à l’inverse bien des sociétés le sont et ce n’est pas pour autant qu’une société où on parlerait une langue qui n’opposerait pas le masculin au féminin via un système de genre ne serait pas sexiste.

Le problème n’est pas là.

En l’occurrence dans les langues caucasiennes les genres n’existent pas, ça n’a pas empêché ses peuples d’être patriarcaux, sexistes, homophobes et virilistes malheureusement…

Par contre en chine au 15ième siècle les femmes n’avaient pas accès à l’éducation et créèrent le Nüshu dans la province du Hunan, cette écriture comprise par elles seules étaient transmise de mère en fille, encore que dans cet exemple la discrimination concerna tous les aspects de la société bien au-delà du seul pan de l’expression écrite.

Il n’en a jamais été de même en France et nous ne pensons pas que réformer l’orthographe de certains mots pour les accorder et mettre plus en avant le genre dans un sens ou dans l’autre soit une quelconque avancée pour l’égalité femmes-hommes; par exemple tout le monde sait que le titre de « sage-femme », qui n’a pas d’équivalent masculin, inclue pourtant pleinement les hommes qui exercent ce métier,

Quand on dit « les ouvriers », « les camarades » ou « les travailleurs » on  rassemble les 2 genres sous un seul et même mot qui ne fait pas de distinction entre les deux sexes et c’est dans l’union que se trouve la solution.

Le relativisme sexuel comme principe est une aberration, hommes et femmes ne constituent pas 2 blocs séparés. Nous ne devons pas penser en fonction de notre genre mais de notre intérêt et notre idéologie.

Outre la lourdeur de l’écriture dite « inclusive », au lieu de lier les genres, les sépare. Or la véritable égalité F/H c’est justement quand on ne cherche pas à différencier les deux hormis sur le plan biologique. Il y a bien moins de différences entre une femme et un homme de même rang social et culturel qu’entre 2 hommes ou 2 femmes de milieux différents.

Cet artefact politique qui tend à faire changer le comportement de ses subordonnés sur le plan des mœurs fixe l’attention sur la forme au détriment du fond ; ainsi le quatrième point du guide pratique apporte en réalité une discrimination sexiste selon le choix de son auteur au lieu d’une solution neutre. L’ensemble du guide pratique souffre du même biais.

Même si le genre grammatical ne correspond pas toujours au sexe il y a en français un lien fort entre les deux, ce lien fut probablement renforcé pour des raisons historiques, sociales et linguistiques. Néanmoins le genre d’un mot est souvent déterminé par sa constitution, c’est pourquoi des mots dit « épicène à genre défini » peuvent également désigner des hommes tout en étant des mots féminins tel que « âme », « figure » ou « personne »…

A l’inverse il existe des mots dit « épicène à genre indéfini » tel que « ministre » ou « prolétaire »…

Il est vrai que le langage structure notre pensée, mais appliquer le masculin pour englober les 2 genres au pluriel n’est pas une exclusion orale ou intellectuelle des femmes, c’est une règle de grammaire et non une règle de vie, l’exclusion intellectuelles se créée à l’oral car faire de l’inclusif prend du temps, or si le discours devient trop répétitif on perd l’attention de l’auditoire.

Le féminin n’a pas été créé pour mettre la femme de côté, les langues indo-européennes possèdent un système de 3 genres, un masculin, un féminin et un neutre que l’on retrouve dans d’autres langues comme l’allemand, le grec ou encore le russe et le latin; il faut savoir que le neutre et le masculin sont très proches là où le féminin est clairement à part.

Nous pensons qu’avoir un langage inclusif auprès des masses est profitable, par exemple favoriser « l’humanité » au lieu de « l’Homme », mais ne doit pas se substituer au travail de fond militant autrement bien plus porteur pour contribuer à forger des consciences égalitaristes. Il vaut mieux lutter côte à côte dans tous les domaines, privé, professionnel, politique ect contre les inégalités du système que chercher à réformer la portion déjà avancée de la population. Nous devrions descendre dans la rue pour dénoncer le capitalisme plutôt que de faire le procès des hommes.

De plus l’écriture inclusive reste visuellement sexiste car seul le mot accordé au masculin reste écrit en entier (bien qu’ayant évolué depuis), tout comme l’espéranto constitue l’illusion d’une unité sous forme de langage commun, elle ne traite pas le problème mais le perpétue, changer les mots ne changera pas les travers de notre société.

Ce genre de déviances portées par diverses sphères autonomistes conduit à des dérives autoritaires et misandres, ainsi permettre aux femmes comme à des minorités, d’avoir un double temps de parole en AG n’est rien d’autre qu’une exclusion délibérée des uns au profit d’une apparence politiquement correct cher aux Social Justice Warrior.

Ne pas mettre la majuscule à « l’Homme » traduit une méconnaissance de la langue car l’origine latine (l’ancêtre du français) « Homo » veut dire « genre humain », vouloir invisibiliser un genre ne va pas dans le sens d’une égalité réelle.

En français on désigne les animaux par « il » et « elle » comme des humains alors qu’en anglais on les désigne par « it » comme des objets, ça ne fait pas des français un peuple davantage respectueux des animaux. L’amalgame est moins l’outil du savant que du politique, la division entre les femmes et les hommes est générée et perpétuée par le capitalisme à travers ses rapports marchands, peu importe l’invisibilisation du genre masculin au profit du féminin le capitalisme continuera de diviser l’humanité en différentes couches sociales antagonistes.

Il est une division accentuée par cette écriture dont nous n’avons pas encore parlé mais qui mérite réflexion, les malvoyants ne comprennent rien à l’écriture inclusive avec un screenreader et les dyslexiques ont également du mal, et ce n’est pas rien de le dire. Au lieu de créer une énième fragmentation entre les femmes et les hommes il vaudrait mieux penser à ce qui nous rassemble ainsi qu’à favoriser les handicapés qui, eux, n’ont rien demandé d’autres que de réelles préoccupations de leurs conditions et niveau de vie.

Aujourd’hui la question se pose du bilan des courants féministes qui dominent depuis plusieurs générations à s’en perdre tant certains combats ont dépassés leur prérogatives. Tout à fait en phase avec la société contemporaine ils en appellent un coup au différentialisme, un coup au victimisme, souvent les deux. Traversant les partis politique de droite comme de gauche jusqu’à en pénétrer profondément les milieux autonomistes tout comme le monde associatif et les instances européennes. Le discours est invariable, les femmes sont les pauvres victimes des hommes. Mais où cela va-t-il s’arrêter ?

Quand les militants se préoccuperont ils de ce qui nous rassemble ?

Quand les militants se tourneront ils vers la lutte des classes ?

La bourgeoisie pour maintenir sa position privilégiée préfèrera toujours tirer l’humanité dans la barbarie plutôt que de se laisser abattre. Elle fera preuve de ruse pour diviser son armée d’esclaves et mènera dans le mur par l’entrisme tout mouvement qui se laissera berner par des divisions aussi basses que l’inversion du patriarcat dans le matriarcat car il ne menace nullement sa domination. La révolution commande de combattre l’oppresseur en nous qui s’accommode d’une reconnaissance dans sa société où la vengeance aveugle et annule toute libération.

Camille