L’impasse autonomiste

Pourquoi devriez-vous intégrer un parti ?

Simplement parce que les militants des différents secteurs doivent sortir de l’isolement. Parce que l’union fait la force et que pour transformer la société dans le sens de l’égalité sociale et de la démocratie directe il faut créer en faveur des opprimés un monumental rapport de force contre les classes dominantes.

Parce que ceux qui ont gagné une claire conscience des enjeux de ce siècle ne peuvent pas recroqueviller leurs ambitions à leur seule oppression, à leur seule entreprise, leur seul quartier, leur seule boutique ou squat autogéré, à leur seul syndicat, à leurs thèmes de prédilection et à leur petit bout de patrie !

La réalité du monde rattrapera tous les militants à oeillères et autres social-patriotards.

Contrairement aux tendances gauchistes et sectaires nous pensons qu’il faut agir sans attendre un quelconque messie de la révolution ou en tombant dans l’illusion d’un soulèvement spontané massif et conscient sans avant-garde solidement préparée.

Nous pensons qu’il faut fixer des objectifs intermédiaires concrets et immédiats aux mobilisations tant il est vrai que nous devenons des combattants en combattant, et tant il est vrai que la lutte solidaire et l’organisation des travailleurs représente le seul moyen de rester en éveil et de développer des capacités politiques en vue des étapes ultérieures et des victoires significatives.
Mais nous pensons que la réduction des objectifs de la lutte à ce que nous pouvons atteindre effectivement selon une lecture toute objectiviste de la situation, sans prendre de risque aucun, sans braver aucune loi et prisonnier de notre milieu étriqué, en considérant figées nos capacités du moment et les circonstances d’ensemble signifie tourner le dos à la lutte politique, tourner le dos aux perspectives socialistes, se séparer du mouvement de libération de classe, trahir les intérêts généraux du peuple exploité.

La résolution des problèmes de nos vies dépassent le cadre étriqué de tel ou tel entreprise, telle ou telle municipalités, ou telle ou telle sphère de notre existence particulière. Il faut donc poser la solution des problèmes en terme globaux, en terme politique, national et international.

La misère rattrapera pour leur vieillesse ou leur descendance les orgueilleux qui font valoir leur réussite en Porsche Cayenne, la guerre rattrapera les nations en paix qui s’ennuient de politique, l’hiver nucléaire enfoncera les survivalistes en dessous des blocs de béton où ils pensaient se protéger des menaces extérieures, la puissante répression étatique rattrapera l’autonome et sa perpétuelle atomisation des luttes et l’isolement rattrapera le gauchiste anti-syndicats lorsque s’abattra sur sa petite vie individualiste le plan de restructuration imposé par son patron.

Il faut s’engager en politique !

Les mutliples actions partielles dont nous prenons l’initiative ne doivent pas être considérées comme leurs propres fins. Toutes les victoires intermédiaires doivent être considérées comme des préparatifs à des actions plus audacieuses qui embrassent des parties plus larges d’intéressés.
Les initiatives prises de manière encore dispersées doivent pouvoir rapidement être réunies en une seule et même grande initiative !

Toutes les bases, tous les collectifs de travails, d’usagers et d’habitants doivent participer et prendre les initiatives selon le même plan, selon les mêmes mots d’ordres, selon une même orientation et une même volonté de changement.
La tâche qui doit être accomplie consiste à influencer tant et si bien le peuple qu’il s’anime de la brûlante volonté de se saisir du pouvoir de gestion des entreprises, du pouvoir politique au niveau national, qu’il prenne par lui-même et via ses délégués les dispositions socialistes que nous lui proposons. Au même moment et dans différents lieux, le peuple animé de sa conscience socialiste doit se soulever et faire exécuter dans tous les milieux sa propre volonté.

L’outil adéquat, c’est le parti révolutionnaire avec ses militants qui observent une même discipline collective et se tiennent, à tout moment prêt à agir. Ce sont eux qui peuvent offrir la cohésion politique et organisationnelle nécessaire au mouvement d’ensemble des travailleurs et des différentes fractions révoltées.

Pour faire le trait d’union entre les villes et les entreprises, entre les écoles, les métiers, entre les régions et le reste du monde, entre les différents syndicats concurrents, les différentes associations et comités, le lien organique sera : le parti et ses militants.

Le parti est le lien entre les unités économiques et territoriales, entre les différents milieux sociaux et culturels. Il tend à raccrocher au mouvement de lutte toutes les couches du peuple opprimé. Il assure leur unité combattive sur la base d’émancipation du programme socialiste.

Pour faire mûrir la conscience socialiste dans le peuple et pour développer les luttes en une seule et même lutte de classe, l’organisation en parti des révolutionnaires est une condition essentielle.

Sans exécution collective des propositions de lutte, sans un ensemble de militants prêt au combat, solidaires et investis, les mobilisations resteront toujours réduites dans leurs impactes. Médiocres dans leurs aboutissements, ou trahis par des arrivistes, des petits-bourgeois et des situationnistes. Les militants révolutionnaires seront menés par les circonstances et dirigés au sein du cadre bornés de leurs milieux plutôt qu’ils n’ouvriront de nouveaux horizons à leurs collègues et amis !

La confiance que les travailleurs peuvent acquérir dans leur force collective et leur capacité à renverser les rapports d’exploitation est inséparable du développement d’un parti politique révolutionnaire.

Autonomistes, sortez de votre isolement, soyez responsables envers vos camarades et groupez-vous dans une structure fortes capable de coordonner les masses !

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Camille