Sur l’émancipation des femmes

En France il a fallu longtemps pour que l’état reconnaisse enfin l’entière égalité en droits de la femme et de l’homme.
Ce n’est qu’aux municipales d’avril 1945 que les femmes votent pour la première fois. Il faudra attendre la loi de 1965 pour que la capacité juridique de la femme soit rendue effective, le mari ne peut plus par exemple s’opposer pour son épouse à l’exercice d’une profession séparée. Et ce n’est encore qu’en 1975 que l’adultère est dépénalisé. Jusque là l’adultère de la femmes était puni d’emprisonnement tandis que celui de l’homme ne l’était que d’une amende !
Toutes les traces de l’infériorité juridique des femmes ont été balayés dès 1917 en Russie, mais il aura fallu des décennies à nos régimes démocratiques bourgeois pour se débarrasser de ces résidus archaïques.
Et dans un grand nombre de pays l’inégalité juridique entre les hommes et les femmes est toujours de règle.
Là, les organisations révolutionnaires doivent être à l’avant-garde dans la lutte démocratique pour l’égalité des droits.
Aujourd’hui en France, l’égalité devant la loi est complète. La période de lutte pour l’égalité des droits est dépassée par l’évolution démocratique de notre société. Plus que jamais, le mouvement féministe bourgeois duquel voulait déjà se désolidariser Lénine, comme les autres féministes qui permirent cette égalité lors de la révolution socialiste de 1917, est condamné à la nullité. La tâche centrale pour laquelle doit combattre le mouvement des femmes travailleuses à notre époque, c’est l’égalité économique et sociale de la femme.
Et c’est l’émancipation sociale de toute la classe des salariés qui est l’unique condition à l’émancipation pleine et entière des femmes. Vouloir l’émancipation des femmes, ce n’est pas vouloir lui enlever ses enfants, ce n’est pas lui faire quitter son homme. Vouloir l’émancipation des femmes c’est vouloir émanciper le couple d’une certaine division sexuelle du travail. Tant que pour subvenir aux besoins de la famille, l’ouvrier doit accumuler les heures supplémentaires, tant qu’il rentre exténué du travail salarié et du trajet aller-retour, tant que l’ouvrier n’a pas le loisir de s’occuper de ses enfants et de partager du temps avec sa femme, tant que l’ouvrier doit travailler 35 ou 45h pour une mauvaise paye, les femmes resteront davantage au foyer et resteront « l’esclave domestique » ou bien plus souvent cumuleront un temps partiel et le travail ménagé.
Le contraire dans la situation actuelle, sur les bases de la propriété capitaliste, cela signifierait bien souvent l’abandon des deux parents du foyer, cela signifierait bien souvent laisser livrer à eux-mêmes des enfants en bas âge. Cela signifierait une baisse des conditions de vie pour toute la famille.
Voilà le dilemme.
Voilà pourquoi l’émancipation des femmes, leur accès à des postes à responsabilité dans les entreprises ou dans les partis politiques ne peut qu’aller de pair avec un abaissement général et radical du temps de travail, avec un relèvement des salaires ouvriers, avec un développement parallèle des services collectifs à l’enfance.
Sur la base de la nouvelle organisation de la société, il est évident que l’élévation technique, culturelle, politique des femmes ne peut que s’accompagner d’une transformation des moeurs, d’une transformation des relations qu’entretiennent les hommes et les femmes et les couples d’une manière générale. L’élévation intellectuelle des femmes voudra dire plus de respect envers celles-ci ainsi que plus de fraternité entre les deux sexes.
La nouvelle organisation socialiste permettra de sortir les femmes de l’aliénation domestique, elle permettra aux hommes de sortir de l’aliénation salariée.
Le socialisme jettera les bases de l’émancipation de l’Humanité toute entière !
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ARS 2003