Un terme dangereux

Avec tout ce micro-langage bien souvent anglicisé autour de l’espace féminin et des dérives racistes nous est parvenu un concept dont la définition nous paraît plus que contestable, il s’agit du terme « cis » (contraction de « cisgenre »).
Sont désignées par cette contraction «ceux et celles qui se reconnaissent dans le genre assigné à la naissance».

La définition du terme « cis » repose sur un logiciel de pensé victimaire et clivant, cela soulève deux problèmes majeurs, à commencer par le fait que le sexe biologique serait « assigné » à la naissance, or il n’y a aucune notion de choix en biologie; le sexe « est ».

Ne pas se reconnaître dans son sexe biologique est un droit qui doit être respecté mais ceci ne fonde pas une accusation d’attribution au sens obligatoire du terme. Mais libre à chacun de se reconnaître ensuite dans un genre autre que ce que nous sommes, il n’en demeure pas moins que notre identité biologique reste tout au long de notre vie celle de nos chromosomes. Un sentiment intérieur d’identité de genre qui ne repose sur absolument rien de scientifique ne devrait pas s’imposer en tant que catégorie au reste de la population jusqu’à en modifier les règles de la société. Car au-delà du martelage de ce terme à connotation négative, la dérive présente une brèche pour la sécurité des femmes. En effet, si l’on pouvait légalement être reconnu comme d’un sexe différent de notre sexe biologique, alors aucune loi ne protègerait la gente féminine étant donné que la définition de « femme » au sens biologique inclurait les deux sexes !

Accepter le mot « cis » serait admettre que les femmes peuvent être femmes ou hommes. Certains outils comme les espaces non-mixtes des femmes disparaîtraient aussitôt qu’« être femme » serait aussi  « être homme ». Pourtant des espaces en non-mixité devraient pouvoir être préservées, les survivantes d’agressions sexuelles ou de violences conjugales ou encore les femmes, mais aussi les hommes, ayant besoin d’un refuge doivent pouvoir trouver un lieu qui leur permettent de se reconstruire dans les meilleures conditions. Bien qu’il n’existe aucune structure dédié aux seules victimes masculines à ce jour alors que la Belgique et la Suisse en comptent plusieurs par exemple…

Au lieu de vouloir imposer des qualificatifs discriminants dont les conséquences ne sont pas mesurées par leurs auteurs, les Social Justice Warrior et leur obnubilation pour les combats concernant leurs prés carrés feraient bien de se préoccuper aussi du chômage de masse qui continue de se répandre, du niveau de vie de millions de personnes qui baisse un peu plus jours après jours, de la privatisation du secteur de la santé, les industriels qui polluent toujours plus, le niveau des retraites qui chute…  Car les licenciements, les coupes budgétaires dans plusieurs secteurs comme celui de l’éducation par exemple, l’appauvrissement intellectuel, ect, ne découlent pas du patriarcat, mais du capitalisme qui ne sert que les profits d’une minorité d’ultras riches.

C’est à nous de nous emparer des vrais sujets, d’imposer le rapport de force en combattant le mal à la racine. C’est à nous de mener la lutte là où nous voulons qu’elle aille. Les combats homosexuelistes visent à parvenir à une égalité en droit et non à des dérives dangereuses qui en plus de ça se supplantent à la lutte commune.

Revenons à l’essentiel, battons-nous pour une cause commune, celle du prolétariat !

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J et F